Canada - Gatinoise parmi les pros à Vegas
Elle ne joue au poker que depuis un an et demi, mais déjà elle peut dire avoir terminé devant un ancien champion du monde à Las Vegas. Hygiéniste dentaire la semaine à Gatineau, Sandra Seto, devient redoutable devant une table de poker.
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«Elle a un style que ne plaît pas beaucoup à beaucoup de monde a confié son copain Pierre-Luc Delarosbil. Les joueurs ont de la difficulté à s’adapter à son jeu. Elle ne “bluffe” pas, elle ne joue pas souvent, mais quand elle y va, elle gagne.»
La jeune femme de Masson-Angers ne joue pas pour l’argent, n’aime pas payer pour jouer, mais demeure ambitieuse. Elle se fixe un objectif et prend les moyens pour y arriver. «C’est un défi personnel, je me fixe des objectifs et j’essaie de les atteindre», a-t-elle confié avant un tournoi au resto-bar Le Forum, à Gatineau.
Après avoir joué pendant six mois dans des tournois payant et avoir presque abandonné le jeu parce que «ça n’allait vraiment pas bien», la dame de 31 ans a découvert la Ligue de tournoi de poker du Québec (LTPQ), qui lui a permis de participer à des tournois gratuitement moyennant de modiques frais d’inscription.
Elle a alors renversé la vapeur et est devenu invincible. Passant à travers quatre étapes de sélection, la dernière à Montréal en février, elle s’est qualifiée avec quarante autres Québécois pour participer à un tournoi à 1000 $ à l’hôtel-casino Wynn, à Las Vegas, au frais de la LTPQ.
Son copain, lui, n’a pas eu la même chance, perdant lors de la dernière étape. Il ne semblait pas trop s’en soucier, par contre. «J’étais très heureux pour Sandra, a dit le Gaspésien d’origine, qui travaille dans la construction en Colombie-Britannique. J’aurais aimé ça aller la voir, qu’on fasse un voyage ensemble. Mais quand je suis arrivé au dernier tournoi, je venais d’apprendre que je ne pouvais pas aller à Las Vegas de toute façon à cause du travail.»
Contre les pros
La jeune femme originaire de Maniwaki s’est alors lancé au début du mois à l’assaut de la capitale du jeu, quatre jours et trois nuits. C’était son premier voyage, la première fois qu’elle prenait l’avion. Heureusement, dans l’avion elle était assise à côté d’un autre joueur de la LTPQ, un grand voyageur. «Au décollage, pendant les turbulences, il me rassurait, me disait que tout allait bien», se rappelle la Gatinoise.
Arrivée à Las Vegas, Sandra Seto n’avait qu’un objectif en tête: mériter une bague remise par la LTPQ au meilleur québécois. «Nous étions tous sur une passerelle au-dessus de la “Strip” (la grande avenue de Las Vegas) et on nous a montré la bague, a-t-elle raconté. Je l’ai essayée juste pour voir. Elle me faisait comme un gant. Je me suis dit qu’elle était pour moi.»
Pendant un long tournoi – la LTPQ joue des parties «comprimées où il faut être plus agressif, explique Mme Seto – les Québécois tombent un à un, mais la jeune femme est toujours là. Elle termine finalement 25e, devançant même le champion du monde 2004, Greg «Fossilman» Raymer, et remporte 1627 $. Comme meilleur joueur québécois, elle repart aussi avec la bague de la LTPQ. «Ça a été stressant d’un bout à l’autre», reconnaît-elle tout de même.
Son prochain objectif? «Depuis mon retour, je joue moins, j’ai moins de temps avec le travail et j’ai atteint mes buts, dit-elle. Je vais jouer pour le plaisir. Je suis aussi déjà qualifiée pour le championnat du Québec à la fin de l’année. Ce sera sûrement mon prochain gros objectif.»
M. Delarosbil, lui, songe toujours à Vegas. «Pour un joueur de poker, c’est un rêve, a-t-il avoué. Ce serait le fun d’essayer de jouer contre des pros.»
Et les tables électroniques? «J’ai essayé la table de démonstration à Montréal, explique Mme Seto. Je n’ai pas aimé ce type de jeu. Ce n’est pas réel. C’est comme jouer dans Internet, on n’a pas de cartes dans les mains, ce n’est pas la même sensation.»
Source : www.cyberpresse.ca


