Club de Poker à Kahnawake
Un club de poker à Kahnawake
Le Casino de Montréal a un nouveau concurrent. Avec l’aval du conseil de bande de Kahnawake, un groupe d’hommes d’affaires a ouvert la fin de semaine dernière un club de poker pouvant accueillir 120 personnes sur cette réserve amérindienne, située à quelques
kilomètres du centre-ville.
«Nous voulons attirer des clients de Montréal et des touristes», indique l’un des propriétaires de l’entreprise, l’ancien chef de bande Andrew Delisle Jr.
L’Okwandi Poker Palace, que La Presse a visité hier, est situé au coeur de la réserve, sur la route 132, à quelques kilomètres du pont Mercier. À l’intérieur flotte une odeur de rénovation: la salle est flambant neuve. On y trouve une douzaine de tables de poker, disposées sur un tapis rouge. Trois téléviseurs à écran plat ornent les murs. Des lustres pendent au plafond.
Il n’y a cependant aucun croupier, ni carte, ni jeton: toutes les parties sont jouées sur écran tactile. Les joueurs, disposés en rond, insèrent une carte à puce dans l’ordinateur et jouent l’un contre l’autre. La maison prend une commission de 10% sur les mises, avec un maximum de 4$ par main.
Les propriétaires affirment qu’ils retourneront une partie des profits dans la communauté, notamment pour combler des besoins en éducation.
La Kahnawake Gaming Commission, créée en 1999 pour réglementer le jeu sur la réserve, a donné son feu vert à la nouvelle entreprise. La semaine dernière, elle a adopté une série de règles encadrant les clubs de poker.
Son dirigeant, David Montour, indique que «plusieurs» entrepreneurs tentent d’obtenir un permis, sans préciser leur nombre. Chose certaine, d’autres clubs de poker pourraient bientôt ouvrir leurs portes.
Pas un casino :
L’ouverture survient quatre ans après un référendum, dans lequel les résidants de Kahnawake ont rejeté un projet de casino proposé par le conseil de bande.
«Le projet sur lequel les citoyens se sont prononcés en 2003 était beaucoup plus gros que celui-ci, explique le porte-parole du conseil, Joe Delaronde. Les gens avaient peur de voir la ville défigurée.»
David Montour assure pour sa part que la nouvelle salle n’est pas un casino, mais bien un club de poker. «La différence entre le poker et un casino, c’est que le premier se joue contre d’autres joueurs, et non contre la maison, explique-t-il. Dans ce cas, la maison prend un pourcentage des mises qui est contrôlé.»
Club de poker ou casino, la nouvelle entreprise est-elle légale? Le ministère de la Justice n’a pas été en mesure de le dire, hier.
Le club de poker Okwandi pourrait toutefois donner des maux de tête à Loto-Québec. Car les casinos québécois n’ont pas le droit d’organiser des parties de poker, du moins pas encore.
«Ces jeux sont extrêmement populaires!» convient le porte-parole de Loto-Québec, Jean-Pierre Roy, qui n’a pas directement commenté l’arrivée d’un nouveau concurrent.
La société d’État a obtenu hier l’autorisation de mener des consultations, afin d’introduire «plusieurs nouveaux jeux de poker dont des clubs de poker, une variante fort populaire dans les casinos d’autres juridictions», peut-on lire dans la Gazette officielle du Québec d’hier. Loto-Québec espère proposer ces nouveaux jeux dans quelques mois.
Le jeu est une industrie florissante sur la réserve amérindienne d’un peu plus de 8000 habitants. Créée avec l’aide du conseil de bande, l’entreprise Mohawk Internet Technologies hébergeait, en mars dernier, plus de 250 casinos virtuels. Dans un rapport publié il y a deux ans, Valeurs mobilières Desjardins révélait que 20% des 500 plus importants sites de paris en ligne étaient hébergés à Kahnawake.
La gestion d’un site de paris en ligne est illégale au Québec.
Source : www.cyberpresse.ca


