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- mai
Certains le connaissent comme celui qui a aidé à ramener les Alouettes à Montréal. Pour d’autres, son nom est associé à des athlètes comme Bob Gainey, Pete Mahovlich ou Warren Cromartie, qu’il a représentés. Maître Morden « Cookie » Lazarus est aussi une sommité mondiale dans le domaine du droit du jeu.
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Il compte ou a compté parmi ses clients la plupart des casinos d’Atlantic City, quantité de sites internet comme Full Tilt, ou Ultimate Bet, le Conseil de bande de Kahnawake, les grands fournisseurs de machines à sous, etc. Nous avons rencontré l’ex-président de l’International Association of Gaming Attorneys dans son bureau du square Victoria.
L’Omnium de Montréal de Texas Hold’Em
Parlons d’abord du dernier tournoi de la fondation Miriam, le plus grand tournoi de poker bénéfice de l’histoire canadienne. Cookie, qu’on surnomme ainsi depuis l’enfance, a atteint la finale de ce tournoi qui lui tient à cœur.
Elle se disputera à Las Vegas en mai. Sa stratégie pour remporter un siège au Championnat du monde sera des plus simples : « Je vais rester tranquille, à moins d’avoir une excellente main. Je vais laisser les autres s’entredévorer », dit Cookie, qui a pratiqué son poker avec ses amis René Angélil, Howard « the Professor » Lederer et Chris « Jesus » Ferguson.
Le succès du tournoi Miriam, qui a eu lieu cet hiver à Montréal, le réjouit bien davantage que le sien, bien entendu. Pour le rendre possible, il a fallu qu’il pense à une astuce d’avocat : « Comme la loi ne permet pas de donner un prix de plus de 500$ pour un tournoi bénéfice, nous devons transporter les joueurs à Las Vegas. Là-bas, nous distribuons 200 000$ aux gagnants. C’est la façon que j’ai trouvée de respecter la loi. C’est un peu paradoxal parce que le but du tournoi est de venir en aide à une excellente cause : les gens qui ont un handicap intellectuel. »
Les Autochtones et les jeux de hasard
Passons maintenant à un sujet qui le passionne : le droit des Autochtones d’organiser des jeux de hasard. Cette semaine au Sommet canadien du jeu, Cookie Lazarus présentait une conférence sur cette question. Une conclusion sautait aux yeux : il n’existe pas de mécanisme au Canada pour traiter les demandes des communautés autochtones. L’exposé de maître Lazarus est convaincant.
« La présence de Joe Norton au Canadian Gaming Summit a démontré j’espère au gouvernement fédéral et au ministère de la Justice que les Mohawks de Kahnawake veulent s’asseoir et en arriver à une entente avec les gouvernements. Malheureusement, ils ont été renvoyés d’un ministère à l’autre comme une balle de tennis. »
« Je demande qu’une loi soit adoptée et qu’une méthode soit mise au point pour éviter les confrontations avec des groupes comme les Mohawks de Kahnawake, pour établir des critères, sans qu’on ait besoin de se rendre à la Cour suprême du Canada, pour déterminer si un groupe peut réclamer un droit autochtone. »
« Cela éviterait les problèmes qui se produisent en ce moment. C’est embarrassant pour Kahnawake de ne pas apparaître sur la liste blanche en Angleterre alors qu’ils sont les premiers hébergeurs de la planète. Il y a davantage de jeu internet sur leurs serveurs que partout ailleurs. Ils ont la meilleure bande passante. Leur infrastructure est à la fine pointe. Ils n’ont jamais eu d’interruption de service alors que c’est arrivé presque partout ailleurs. Ils sont une entreprise de télécommunication qui a trouvé un créneau, qu’ils ont développé depuis une douzaine d’années et qui est reconnu. »
D’après Cookie Lazarus, les Mohawks possèdent un droit ancestral en ce domaine. « Les Mohawks ont inventé la crosse. Le jeu fait partie de leur histoire depuis 400 ans. Ils pariaient sur les parties et jouaient aux dés. Ils ne jouaient pas au Texas Hold’Em, mais il y avait des jeux semblables qui existaient. Je crois que nous avons satisfait le test légal de la Cour suprême du Canada pour les Mohawks. »
Le jeu à l’argent sur l’internet
Venons en finalement à un autre domaine d’expertise de Cookie Lazarus : les sites de jeu à l’argent sur l’internet.
Question : Est-il légal de jouer au poker sur l’internet ?
Cookie Lazarus : Aucune loi n’interdit de jouer sur l’internet tant qu’il n’y a pas de « lien direct » avec le Canada. Si tout ce qui est nécessaire pour que le jeu se trouve à l’extérieur du Canada, celui-ci n’a pas juridiction.
Question : Les serveurs de Kahnawake sont-ils considérés comme étant à l’extérieur du Canada ?
Cookie Lazarus : Oui, c’est une juridiction souveraine. Mais s’ils étaient à Saint-Laurent, ce serait illégal.
Question : Doit-on déclarer l’argent gagné au poker sur l’internet ?
Cookie Lazarus : Je ne suis pas un expert du droit fiscal, mais selon ma compréhension, il faut le déclarer si on est un joueur professionnel. Si on joue pour le plaisir, les gains ne sont pas imposables au Canada et les pertes non déductibles. Aux États-Unis, je crois qu’ils le sont.
Question : Les compagnies de jeu internet paient-elles de l’impôt sur leurs énormes revenus ?
Cookie Lazarus : Elles paient de l’impôt là où elles sont installées.
Question : Donc si mon serveur est installé à l’île de Mans, par exemple, je paie mes impôts là-bas ?
Cookie Lazarus : Il y a en effet un petit prélèvement sur les revenus pour les serveurs de l’île de Mans. C’est la même chose à Malte et à quelques autres endroits.
Question : Du point de vue des gouvernements canadien et américain, ce sont d’énormes sommes qui quittent le pays sans être imposées ?
Cookie Lazarus : Oui. Il va falloir trouver une façon de réglementer le jeu sur l’internet, de le contrôler, d’émettre des permis et de faire payer des impôts. Quand les gouvernements vont se réveiller, c’est ce qu’ils feront. Tant qu’ils ne laisseront pas de côté leur attitude de poursuites, ils n’y parviendront jamais. Toutes ces entreprises de jeu internet adoreraient obtenir un permis et payer de l’impôt pour avoir accès au marché américain.
Source : www.cyberpresse.ca
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