Entrée dans un tournoi de poker…
Le poker est un vrai effet de mode. Nous avons décidé de vous faire vivre un tournoi. Nous nous sommes inscrits, avons joué… perdu pour vous. Certes, celui-ci ne se tient pas dans un grand casino de Las Vegas pour le World poker tour, mais dans une salle de Rennes 1. Il n’empêche que ça vaut le détour.
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Rennes 1, 19h10. Je pénètre dans une salle de cours remodelée pour l’occasion. Cinq tables de jeux sont dispatchées à travers la salle. Ambiance détendue, on grignote un sandwich pendant que d’autres sirotent une bière. Et toi, ça fait combien de temps que tu t’es mis au poker ? « Depuis quelques mois, j’ai commencé sur le net. Après, j’ai repris avec quelques potes ».
Derrière moi, le tableau annonce les places de chacun des joueurs. Un petit coup d’oeil, je suis table 1. Je m’y rends pour payer mon droit d’inscription. 19h25 et cinq euros plus léger, je m’installe à la droite du croupier. Petit coup d’oeil stratégique, j’essaie de m’écarter un maximum de ceux qui paient les premiers les blinds (ndlr : à chaque main, deux joueurs paient des mises qui augmentent au fil de la partie et tournent dans le sens des aiguilles d’une montre )
19h30. Chaque joueur a ses deux premières cartes en main. Devant moi, mon tapis est de 1500. On a tous les mêmes : 2 jetons bleus de 250, 5 verts de 100, 6 rouges de 50 et 8 blancs de 25. Je lève les yeux pour regarder à qui j’ai affaire. A ma gauche, deux joueurs à l’air serein mais prêts à jouer. Je continue mon tour de table. Je tombe sur un qui me semble un peu fou fou. En face de moi, deux jeunes hommes et une étudiante. Même profil : ils seront prudents. A ma droite, le dernier joueur de la table. Lui, donne l’impression de savoir ce qu’il fait. Deux joueurs manquent à l’appel. Ils arriveront plus tard.
« Au dernier tournoi qu’on a organisé, il y avait des gars qui sont arrivés avec leurs lunettes de soleil, les portes bonheurs… Apparemment, il n’y avait pas de pros mais certains touchaient vraiment bien », me confie un organisateur.
19h35. Petit coup d’oeil à mes cartes. 7 et 4, de carreaux et trèfle. Je n’hésite pas, je ne jouerai pas cette main. L’occasion d’observer les joueurs à ma table. L’ambiance est devenue studieuse. Un bon d’achat de 60 euros à gagner et autres lots de consolation sont dans la ligne de mire de bon nombre de joueurs. Leur attitude confirme mes prédictions.
Quelques mains plus tard et quelques flops vus sans trop d’ambition, me voilà avec une paire d’as en main. C’est ma chance. Enfin, avec ça, j’ai 9 chances sur 10 de remporter la mise totale. Dommage, avant moi, deux joueurs sur trois se sont déjà couchés (ndlr : ils décident de ne pas payer la mise et arrêtent de jouer la main). Je relance de 50 d’entrée. Trop ambitieux, les autres ne doivent pas avoir grand-chose en main et s’arrêtent là. Je me rends compte que j’ai très mal joué le coup. Me voilà face à face avec le dernier joueur. Reste à tout faire pour piller son tapis. Manque de chance, lui non plus ne croit pas en son jeu. Il s’arrête là. Je remporte une maigre mise par rapport au jeu que j’ai en mains.
19h55. Quelques joueurs ont déjà quitté la salle de jeux sur les autres tables. Sur la mienne, ça commence. Notre foufou se frotte au joueur serein. Les deux vont au tapis. AS / Dame contre Roi / valet… les amateurs de poker apprécieront. Le flop met une claque au foufou. Nous ne sommes plus que 8.
20h10. Je remporte une nouvelle main. Similaire à la précédente, je remporte encore une maigre mise. Cette fois, j’ai bluffé. Ca passe. Mais pas deux fois, la main suivante me fait mal. Notre étudiante tient en main un brelan (trois cartes identiques). Ma paire de rois et bien faible face à elle. Je perds tout ce que j’ai pu gagner jusque là.
20h30. La pause arrive. J’ai tenté le diable sur la main juste avant. J’aurais mieux fait de me retenir. Un nouveau brelan me cloue au poteau. J’ai pourtant en main des cartes qui tiennent la route mais en face, on est plus en veine que moi. Depuis, un autre joueur a quitté notre table.
20h45. Je suis à l’agonie. Les blinds sont de plus en plus grosses et mon tapis de plus en plus faible. Il faut que je tente des choses. La chance va me sourire. Au retour, je me dis que cette première main est la bonne. AS / Neuf. Allons-y. Je renchéris en espérant faire peur à tout le monde pour récupérer les mises de départ. En vain, trois autres joueurs suivent. Le flop ne me donne rien de bon. Je me couche pour préserver les maigres jetons qu’il me reste.
20h50. J’ai bien fait de me coucher, je n’aurais rien eu. Rebelote, cette main m’apporte des cartes tout à fait correctes. Je peux gagner avec cela. Je balance mon tapis d’entrée. Il pourrait en faire rire certains (350). C’est le cas puisque deux joueurs suivent et surenchérissent même entre eux. Mon Valet / dix n’aboutit pas et me flanque à la porte du tournoi. Comme moi, seize joueurs sur cinquante ont déjà fait leurs valises. Je suis le 17eme.
Source : www.rennes-infhonet.fr


