Interview joueuse de Poker - Annie Duke
Annie Duke: les millions de l’archiduchesse.
Annie Duke, celle qui relance, bluffe, flirte, blasphème et gagne des millions de dollars aux Séries mondiales de poker, donnait un séminaire très couru à Montréal la semaine dernière. Aujourd’hui, elle répond à nos questions.
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Tout le monde à sa place, ça va commencer. Oui, on peut s’adresser à elle en français. Annie a grandi au New Hampshire, juste à côté d’ici, dans une famille d’universitaires. Elle a la pédagogie dans le sang. À une autre époque de sa vie, elle enseignait les théories de Pavlov à l’université.
Première question, qui nous vient d’un lecteur passionné de poker, et célibataire: Le nombre de joueuses de poker est-il (enfin) en train d’augmenter?
Annie Duke: “Le nombre de joueuses augmente, mais proportionnellement elles sont toujours aussi peu nombreuses.”
Par exemple, l’épreuve des Séries mondiales où Annie a remporté son premier bracelet, en 2004, comptait à peine trois joueuses sur 234 participants.
Les raisons de cet état de fait sont nombreuses et Annie Duke est bien placée pour les connaître: “Le gambling chez les femmes est mal vu. Les femmes jouent davantage aux jeux solitaires comme les machines à sous, et les hommes aux jeux sociaux comme le Craps. Les hommes aiment être dans une situation sociale pour jouer parce que c’est considéré viril alors qu’on se demande pourquoi les femmes y dépensent l’argent de l’épicerie. C’est vraiment deux poids, deux mesures.” Dans son cas à elle, c’est le poker qui paie l’épicerie - et l’école privée - pour ses quatre enfants.
Les synapses de la duchesse du poker s’enflamment sur cette question de notre lecteur. Elle enchaîne avec une théorie de l’évolution pas piquée des vers. Finalement, c’est l’éducation qui détermine tout: “On n’encourage pas les filles à étudier les maths, et le poker est un jeu très mathématique”, dit Duke.
Clairement, toutes ces barrières ne l’ont pas ralentie, comme le démontrent ses 3,5 millions de dollars de gains en tournoi. “J’ai grandi dans une famille très compétitive - on jouait à mort - où on m’encourageait à être une bolle en maths.” C’est d’ailleurs son frère Howard Lederer qui l’a initiée au poker. Rapidement, Annie Duke en a tiré un revenu substantiel.
Elle s’est installée au Nevada. “J’ai joué des parties à l’argent tous les jours pendant 10 ans.” On se demande bien combien cela lui a rapporté: “Ça reste entre moi et l’impôt. Je n’ai jamais divulgué mes gains en parties à l’argent à personne.”
L’ego à l’égout
Pour en savoir plus, il faut assister à un séminaire d’Annie Duke, lire son bouquin, son blogue, ou aller la défier aux Séries mondiales de Las Vegas. Retenons ce paradoxe intéressant: “Quand je suis devenue une joueuse de poker, j’ai appris à être moins compétitive. Il faut viser le succès, mais sans se laisser distraire par des facteurs extérieurs.Certaines personnes ont plus de talent dans leur petit doigt que j’en ai dans tout mon corps. Pourtant, ils n’ont pas un sou.”
LE PROFESSEUR NOUS REND VISITE - Howard “The Professor” Lederer, le frère d’Annie Duke, donnera lui aussi une conférence sur le poker dimanche prochain à Montréal. Le contexte sera différent toutefois. Alors qu’Annie Duke participait à une tournée canadienne organisée par le site Ultimate Bet, Howard Lederer vient participer au plus important tournoi-bénéfice de l’année au Canada. Les fonds amassés à l’Omnium de Montréal, du 30 mars au 2 avril, iront à la Fondation Miriam, vouée à la cause de la déficience intellectuelle. Toutes les infos: www.themontrealopen.com. Par ailleurs, Howard Lederer a été un des premiers pros à tester les tables électroniques de la compagnie montréalaise Gametronix, qui sont utilisées au Okwari Poker Palace, à Kahnawake. Ce club tenait dimanche dernier un premier grand tournoi multitables, remporté par Tony Schangula. Tony a pris la part du lion du premier prix de 12 000$, soit 8000$. “Je suis le meilleur joueur de poker au Québec”, a déclaré le vainqueur.
Source : www.cyberpresse.ca


