La folie du poker
La 4e saison du France Poker Tour, championnat national, fait étape à Reims. L’occasion de dévoiler les dessous d’un jeu révolutionné par internet et d’évoquer l’émergence d’une nouvelle génération de joueurs.
Le centre des congrès de Reims a pris des allures de casino. La quatrième édition du France Poker Tour y a posé ses valises avec 300 joueurs réunis depuis hier et jusqu’à ce soir. Reims est la quatorzième des quinze étapes qualificatives pour la finale des 13 et 14 décembre à San Remo (Italie).

Jouer au Poker en ligne
Le vainqueur se verra remettre 25.000 € et une place à Monaco en finale de l’European Poker Tour d’une valeur de 13.000 €. « On a reçu 40.000 inscriptions. Plus de 7.000 joueurs amateurs au total vont s’affronter cette année, alors qu’il y en avait moins de 2.000 il y a deux ans », souligne Pierrick Limeul, à la communication de la Fédération française de poker.
L’engouement pour cet événement traduit la folie qui s’est emparée d’un jeu de cartes autrefois sulfureux et désormais complètement décomplexé. Etudiants, femmes au foyer, cadres sup ou ouvriers et Patrick Bruel, champion du monde 98 et ambassadeur fédérateur… ils sont des milliers à être séduits par les parties de poker dans sa version Texas Hold’Hem. Un phénomène né aux Etats-Unis qui a profité de la toile pour déferler sur le monde depuis 2005. Un tournoi en ligne peut aujourd’hui réunir jusqu’à 150.000 joueurs ! Ironie du sort : alors que les jeux d’argent sur internet sont interdits en France, c’est Winamax, un site anglais de paris en ligne, qui sponsorise le championnat de France où, il est vrai, l’argent est interdit sauf en finale..
« A Toulouse , la police des jeux a fait du zèle et saisi toutes les cartes et les jetons avec le logo du sponsor. Du coup, les organisateurs viennent aussi avec du matériel vierge, au cas où… », explique un fin connaisseur du milieu des bluffeurs.
A Reims, la descente de police est improbable. Sur la pression de l’Europe, la France ouvrira son secteur des paris sportifs et jeux de hasard en ligne à la concurrence courant 2009.
« Internet a fabriqué beaucoup de joueurs », confime Gérard Gravet, patron du Multicolore, le seul cercle de jeux de Champagne-Ardenne.
Sur les murs de son bureau, une fresque de Las Vegas, plus vraie que nature, clignote en permanence.
Sur son ordinateur s’affiche Dealerbet, un site de poker en ligne qu’il développe depuis quatre ans. Pour Gérard Gravet, la mode du poker est appelée à durer : « C’est un phénomène mondial. L’un des rares sports où un anonyme peut battre le meilleur du monde. Au tennis, un joueur amateur n’a même pas le droit de ramasser les balles de Federer. »
Huit chaînes de télé proposent des émissions de poker. L’émergeance de champions de moins de 30 ans multimillionnaires contribue églement au succès d’un jeu de stratégie devenu, pour certains professionnels comme l’Ardennais Paul Testud, 14e joueur français, un sport de haut niveau.
Source : www.lunion.presse.fr




