Le Poker Gratuit entre dans les Bars du Quebec
Québec - Le poker gratuit entre dans les bars
Renaud Poulin, président de la CPBBTQ, croit que le jeu créera de l’achalandage dans les brasseries. (Le Soleil, Steve Deschênes)
Les amateurs de poker Texas Hold’em seront servis puisqu’en plus de la Régie des alcools, des courses et des jeux, qui s’apprête à introduire le populaire jeu de cartes dans les casinos, celui-ci fera bientôt son entrée dans les établissements licenciés
du Québec.
La Ligue de tournois de poker du Québec (LTPQ) prendra son envol en octobre à l’initiative de l’Association des joueurs de tournois de poker du Québec (AJTPQ) et de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ).
Les organisateurs voient grand : avec des prix d’une valeur de 100 000 $ tous les trois mois, ils tentent de négocier la télédiffusion de leur grande finale.
« Autrefois, je participais à l’organisation du Québec Poker Tour, un événement qui entrait dans une zone grise et était toléré par le gouvernement du Québec. Par contre, avec la venue du Texas Hold’em dans les casinos, nous savions que nos jours étaient comptés », explique Pierre Martel, joueur de poker professionnel et l’un des instigateurs du projet.
Renaud Poulin, président de la CBBTQ, assure que la Ligue, qui devrait commencer ses activités dans plus de 200 établissements licenciés, est tout à fait légale.
« Ce sera une compétition gratuite qui permettra aux gens de s’amuser entre amis, comme le billard ou les tournois de dards par le passé. Nos avocats nous ont dit que c’était légal, alors on fonce », explique M. Poulin.
Il semblerait que le fait que les participants ne puissent ni gagner, ni perdre d’argent pendant le tournoi rendrait son organisation légale. Les meilleurs pourront cependant gagner des prix remis par des commanditaires à l’occasion des tournois d’étape tenus quatre fois par année.
Les propriétaires de bars espèrent aussi profiter de l’engouement pour le poker afin d’augmenter l’achalandage et les revenus de leurs établissements à l’heure de la Loi sur le tabac et de la réduction du nombre d’appareils de loterie vidéo dans les bars.
« C’est notre rôle de créer des activités pour attirer les gens, surtout avec les baisses de clientèle que nous avons subies au cours des dernières années », dit M. Poulin.
Il ne croit toutefois pas que la Ligue viendra combler les pertes occasionnées par la disparition de plusieurs appareils de loterie vidéo des bars. « En termes de revenus, ça ne se compare même pas, mais on devrait au moins compenser pour la clientèle perdue », indique-t-il.
Quand à André Boyer, président de l’AJTPQ, il est convaincu que la Ligue stimulera l’intérêt déjà grandissant pour le poker au Québec. « Depuis deux semaines que la LTPQ existe et nous comptons déjà 2000 membres », conclut celui qui est le seul Québécois à avoir remporté une étape de la World Series of Poker et dont les gains totalisent plus d’un million de dollars autour des tables du monde entier.
Le ministère de la Justice garde l’oeil ouvert
Même s’il n’a pas l’intention de mettre des bâtons dans les roues au lancement de la Ligue de tournois de poker du Québec (LTPQ) au mois d’octobre, le ministère de la Justice aura ses organisateurs à l’œil.
« Nous ne pouvons pas juger si la Ligue est légale ou illégale tant qu’elle n’est pas en opération », expliquait hier M. Philippe Archambault, attaché de presse du ministre de la Justice, Jacques Dupuis.
« Toutefois, nous surveillerons leurs activités de près, nous demanderons des avis juridiques et, si c’est illégal, nous allons intervenir», assure M. Archambault.
Le ministre Dupuis est bien au courant du dossier de la LTPQ puisque les organisateurs ont déjà rencontré des membres de son cabinet avant de lancer leur projet.
« Sur papier, ils présentent leur ligue comme un concours dont les participants peuvent remporter des prix. Il faudra voir si c’est réellement le cas et la façon dont ils procèdent pour s’assurer que tout ça n’enfreint aucune loi », conclut M. Archambault.
Source : www.cyberpresse.ca


