Poker: la belle, la brute et le brigand
Poker: la belle, la brute et le brigand
Quarante policiers armés débarquent en hurlant au club VIP, sur Sainte-Catherine Ouest. L’opération Snake Eyes de la police de Montréal mugit, pardon, elle rugit.
Jay Kastner, 33 ans, businessman, acteur, joueur de poker et gambler incorrigible se fait menotter. Toutes les personnes présentes dans ce club de poker underground, le plus populaire à Montréal jusqu’au 28 mai 2005, sont mises en état d’arrestation. Ils vont s’en tirer sans condamnation, mais si on les reprend à jouer dans un club illégal à Montréal, ils
risquent d’hériter d’un casier judiciaire.
Adieu Atlantic City, adieu Las Vegas.
«Dans les jours avant la descente, j’avais remarqué quelques joueurs incroyablement mauvais à ma table. Par la suite, j’ai compris qu’ils étaient là pour espionner», dit Jay.
Jay Kastner était armé de deux piques au moment de la descente. «Ce qui m’a le plus déçu, c’est que j’avais une bonne main quand les policiers sont arrivés. J’ai montré mes cartes à Erik: as et dame de pique.»
Deux ans après cette opération d’intimidation, il existe toujours des clubs de poker underground à Montréal. Mais Jay Kastner, joueur aguerri, ne peut plus y exercer son art. Il joue un peu sur l’internet, voyage, attend que le dossier du poker au Casino aboutisse enfin. Son grand ami, Erik Cajelais, a choisi un autre chemin. Il est devenu un des meilleurs joueurs de poker au monde.
La brute
Erik Cajelais a les bras d’un culturiste, mais ça ne fait pas de lui une brute. Cajelais est une brute au poker. Quelques preuves:
> une deuxième place et un gain de 500 000$ cet été aux Séries mondiales de poker (il est passé à une carte d’un bracelet);
> un titre et un gain de 400 000$ en décembre dernier dans un tournoi au Bellagio;
> la troisième place au classement Bluff-ESPN en vertu de ses performances dans les tournois majeurs.
Ce classement de la revue réputée Bluff devrait encore s’améliorer lorsque sera comptabilisé le plus récent succès de Cajelais. Dimanche dernier, il a abordé la table finale d’un tournoi du World Poker Tour aux îles Turquoises (Turks et Caicos) avec plus d’un million de jetons. À la fin de la journée, il terminait en deuxième place du tournoi. Un gain de 225 000$.
“Je crois que j’ai joué à la table finale le meilleur poker de ma vie”, dit-il. Depuis un an, il dépasse largement le million en gains. Sans compter ses performances dans les parties privées. “Erik n’a peur de personne”, dit Kastner.
Avec ses profits, Cajelais a démarré une compagnie d’investissement. Il investit d’abord en lui-même: les tournois de poker à 5000$ et 10 000$. Et il se balance de se faire éliminer la première journée. Pour exprimer son style, il lui faut beaucoup de jetons. Il est donc prêt à risquer pour en obtenir. On le retrouve habituellement dans les meneurs assez tôt. À partir de ce moment, il prend le contrôle absolu de sa table. “Je mets beaucoup de pression. Je place les joueurs devant la décision de jouer leur tournoi sur une main.” Brutal.
La belle
Elle se nomme Cynthia Marquez et ne joue pas au poker. Elle n’est pas seulement belle, mais elle est la belle de cette histoire.
Source : www.cyberpresse.ca


