- 08
- juin
D’Internet au tapis vert, comment les joueurs vivent le poker par-delà les frontières. Le poker en ligne connaît une croissance phénoménale malgré l’interdiction légale de jouer sur le sol français.
![]()
Pour attirer les joueurs, les sites rivalisent d’offres mirifiques. La semaine dernière, dix joueurs se sont affrontés sur un paquebot de luxe, en Méditerranée, après s’être qualifiés sur Internet. La dotation globale était de un million de dollars.
Le point de rendez-vous a été fixé au Tryp Apollo, un quatre-étoiles de Barcelone. C’est là que les dix joueurs qualifiés pour la finale du tournoi “Avalanche” sont attendus. Au compte-gouttes, ils arrivent en provenance d’Allemagne, des Pays-Bas, de France, de Suède et d’Espagne. Dans deux jours, ils se retrouveront autour d’une table, sur le Navigator of the Seas. Ils ne s’étaient jamais vus. Pourtant, ils croient déjà bien se connaître, à force de s’être croisés, par écran interposé, sur les tables de poker de leur site Internet favori. Il leur a fallu jouer des dizaines d’heures, battre des centaines de concurrents pour gagner leur siège.
Les joueurs se rapprochent rapidement. Ils ne s’appellent pas par leur vrai nom mais par leur pseudonyme. Le Français BriceInParis (Brice Cousin dans la vie), 25 ans, est à l’affût d’informations sur Mofox, le Néerlandais. L’autre Français, tapygris, alias Fabien Cauvet, 31 ans, paraît beaucoup plus relax. Il l’est encore plus lorsque les organisateurs lui remettent, comme aux autres concurrents, une enveloppe contenant 1000 dollars à dépenser comme bon lui semble pendant le voyage : “C’est fabuleux !” s’exclame-t-il, hilare. S’ils se disent tous déjà comblés d’être là, ils ont forcément dans un recoin de leur tête six chiffres qui clignotent : 200 000 dollars ! C’est la somme qui sera allouée au vainqueur. Un beau pactole lorsqu’on a tout juste la trentaine et qu’on a engagé seulement 10 dollars pour arriver là.
Eaux internationales
Le lendemain matin, arrivée sur le port de Barcelone. “On dirait le Titanic”, murmure-t-on dans les rangs en voyant l’immense navire. Deux heures plus tard, le paquebot lève l’ancre : direction Nice, puis Ibiza, avant le retour à Barcelone.
Le lendemain, à 19 heures, le grand moment est arrivé : dans une salle privée, les dix joueurs prennent place. Le navire vogue dans les eaux internationales : aucune loi ne s’oppose plus au début de la partie. Les visages sont maintenant fermés, les regards noirs. L’affrontement va durer douze heures au total. Même s’il a bien joué, Fabien se fait sortir parmi les premiers. Il termine 9e et prend un chèque de 17 500 dollars. La somme est rondelette mais il est déçu d’être éliminé si tôt. Brice, son compatriote, termine 3e et empoche 90 000 dollars. C’est finalement le jeune espagnol Ismaël Munoz (ismaelpsx), qui s’impose et prend les 200 000 dollars. Largement de quoi vivre comme un millionnaire pendant les deux derniers jours de la croisière. Tous n’ont désormais plus qu’un seul rêve : devenir professionnels.
Source : www.metrofrance.com
Webmasters vous pouvez ajouter cet article sur votre site à condition d'indiquer la source sur votre site :




































