Le poker… un vrai boulot
Samedi, juin 28th, 2008Ce week-end, l’association Pokerennes invitait Collin Moshman, joueur de poker pro. A 27 ans, l’américain estime ses gains à plus de 300 000 dollars derrière son ordinateur. Avec son bouquin sous le coude, il est venu donner quelques leçons aux joueurs rennais. Rencontre avec ce matheux qui aurait dû être avocat et non joueur de poker mais l’appel de l’argent a parlé.
« Ma première fois, j’ai perdu 50 dollars », se rappelle Collin Moshman. Désormais, il estime son gain à « 300 000 dollars ». Cette première mésaventure le fait désormais sourire. Devant une dizaine de Rennais venue boire ses leçons, ce week-end, le joueur met en application ce qu’il a écrit dans son bouquin. « Ici, mieux vaut surenchérir. Vous voyez avec cette main, si le mec “bet”, il faut lui envoyer le tapis ».
« Ca m’a pris huit mois pour gagner et je dirais deux ans pour atteindre le très haut niveau »
Du haut de ses 27 ans, l’américain raconte son histoire. « J’étais en fac de maths en Californie quand j’ai découvert le poker ». A l’époque, il a 23 ans quand il tombe sur une partie de poker à la télévision. En quelques clics, il se met dedans. « Ca m’a pris huit mois pour gagner et je dirais deux ans pour atteindre le très haut niveau ».
Sa spécialité, le jeu de cartes derrière l’écran. C’est comme cela qu’il a appris. Pour lui, le poker n’est pas une question de chance. La preuve hier, alors qu’il n’a fini que troisième dans le tournoi organisé par l’asso Pokerennes, il explique : « Sur une partie, c’est sûr ça peut être de la chance. Il suffit d’avoir les bonnes cartes, les trucs improbables. Mais sur le long terme non ! La chance disparaît ». Esprit matheux d’origine, il compte sur les probabilités. C’est ça qui lui a fait amasser les dollars. « Sur une main, comme cela, il n’a que deux cartes dans le lot pour avoir mieux que moi alors je surenchéris. », met en pratique le jeune homme devant les Rennais.
« L’argent, c’est tout ! »
Pour en arriver là, l’américain n’a pas lésiné sur le temps passé. « En tout, j’ai dû jouer 25 000 parties. Si tu prends 50 mains par partie. Ca fait. beaucoup », rigole-t-il. Mais si l’étudiant s’acharne, c’est qu’il sent qu’il a la possibilité de se faire de l’argent. « Il ne faut pas se le cacher. Le poker pour moi, c’est un vrai boulot. J’ai trouvé une façon de me faire de l’argent en m’amusant. Il faut le dire : l’argent, c’est tout ! »
L’argent, c’est tout et rien à la fois. « Il y a des jours où tu perds 5 000 dollars. Tu te dis « ça pue ». Et puis, il y a des jours où tu gagnes 10 000 dollars par jour. Là tu te dis, « cool ». Le truc, c’est de garder en tête la valeur de l’argent pour ne pas se laisser dépasser ». Bon nombre de joueurs le savent trop bien. Agacé par un joueur, ils ont pu perdre beaucoup dans un jour sans. « Ca m’arrive de vouloir surenchérir à chaque coup contre un gars que je hais. Quand j’arrive à ce point. Je me dis, “Collin stop” ».
Direction le World Poker Tour
C’est sans doute ce qui lui permet d’être l’un des meilleurs joueurs internet du circuit. Ses parents auraient voulu qu’il devienne avocat. Lui se destinait davantage aux maths. finalement ce sont les cartes qu’il a choisi. « Tant que je m’amuse. et que je gagne ».
D’ici peu, fini le virtuel pour lui, il s’attaque au World Poker Tour. Là où Patrick Bruel à briller un jour pour s’y casser les dents le lendemain, lui compte bien se montrer à son avantage. « Ca serait marrant de me voir à la télé ». D’autant, qu’il écrit un deuxième bouquin qui ne devrait pas tarder à sortir alors maintenant, il sait qu’il est attendu au tournant.
Source : www.rennes-infhonet.fr











